Rencontre avec un compositeur de talent JAMES BKS

Passionné de musique tu as choisi d’en faire ton métier. A quel âge et comment est venue ta passion pour la musique ? Bonjour Joëlle et Corinne! Je suis un fan de musique depuis mon plus jeune âge. Mes parents m’ont bercé avec de la musique française, africaine et US. J’ai même pris des cours de solfège étant plus jeune que j’ai très vite écourté (je le regrette aujourd’hui); plus tard, j’ai été initié à la composition par le biais d’un ami proche; il reste aujourd’hui l’élément déclencheur de cette passion qui a grandi en moi progressivement.

Cette passion t’a poussé à partir étudier aux Etat Unis. Peux tu nous raconter cette expérience ?   Je me suis lancé dans la composition lors de mes dernières années de fac aux États Unis. Bien qu’initié avant mon départ, je ne pensais pas du tout en faire mon métier. En parallèle à mes études d’audiovisuel (audio recording), je me suis de plus en plus intéressé aux softwares de musique. J’ai eu la chance de rencontrer des musiciens à cette époque également, je n’avais jusqu’alors jamais pris le temps d’explorer réellement ce domaine. Ca m’a donné envie d’en faire mais toujours dans une démarche de passionné. C’est en faite mon entourage, mes proches qui ont vu quelque chose en moi, et m’ont encouragé à prendre la musique au sérieux.

C’est donc là-bas que ta carrière musicale a débuté. A tes débuts, Tu as eu à travailler avec de grands artistes américains  tels  Snoop Dogg, Busta Rhymes, Raheem Devaughn, P diddy et j’en passe…  Dans cette expérience Outre Atlantique, quelle a été la plus significative ? 

Je dois dire que le premier single que j’ai composé pour Snoop Dogg et Timati “Groove On” est pour moi une expérience inoubliable dans tous les sens du terme. C’était la première fois que j’avais la chance d’avoir un artiste de renom sur l’une de mes compositions. Le titre a été longtemps dans les charts en Europe (Belgique, Allemagne, Russie), et a également raflé quelque awards, mais je n’ai ni eu l’opportunité d’être en studio lors de l’enregistrement, ni même eu l’occasion de rencontrer les artistes en questions. L’envers du décor est bien souvent moins glamour qu’on ne le pense; je dois dire que cette expérience m’as appris beaucoup sur la logistique et les coulisses de l’industrie du disque. Je n’en tire que du positif aujourd’hui car c’est ce genre d’expérience qui nous forgent.

Tu as eu également à travailler avec des artistes français comme Vibe sur son dernier morceau “Je m’en Bats”, Julia Cinna (qu’on a vu dans The Voice) mais aussi avec Moti Goya le créateur de Human Love, j’en passe ici encore… Y a t’il une différence entre travailler avec des artistes français et des artistes US ? 

La différence est plus dans la prise de risque de certains artistes ainsi que dans les moyens qui sont mis en œuvre pour mener à bien un projet. Je prends par exemple le cas de la comédie musical “Human Love” sur lequel j’ai la chance de travailler : c’est un projet qui aurait vue le jour depuis bien des années outre atlantique. En France, on a tendance à suivre et a ne pas se mouiller. J’entends par là que beaucoup de projets ambitieux tels que Human Love ne voient pas le jour dans l’hexagone car les dirigeants ont peur qu’ils ne répondent pas aux critères qu’ils ont l’habitude de voir; et souvent, être “avant gardiste” ou visionnaire, est un désavantage plus qu’un avantage (aussi insensé que cela puisse être).

Tu travailles également pour le cinéma, tu composes les bandes annonces de film. Quelle est la grosse différence entre faire une BO d’un film et composer un simple morceau ? 

Je dirais qu’il y a un travail de recherche plus poussé dans la musique de film. En général, pour qu’un titre fonctionne dans l’industrie du disque, il a juste besoin d’être tendance. Une composition peut être proposée à 100 artistes différents, elle correspondra très souvent à la majorité des critères demandés. Dans la musique de film, l’époque, le contexte, le genre, les types d’instruments sont essentiel et ne peuvent être calqué d’un film à l’autre.  

Enfin l’implication du compositeur dans une musique de film est primordial. Il y a une réelle complicité entre le réalisateur et son compositeur, chose qu’on ne retrouve plus beaucoup entre les chanteur (ses) et leurs compositeurs dans l’industrie du disque aujourd’hui.

Qu’est ce que toutes ces collaborations t’ont apporté artistiquement ?Je suis toujours en quête de nouvelle expérience et j’aime jongler entre la musique pour l’image et la composition d’un morceau pour un chanteur (se) ou rappeur(se). J’ai encore beaucoup à apprendre de ce milieu. En bientôt 8 ans d’activité dans la musique, j’ai connu bon et mauvais moments, j’ai beaucoup appris sur la nature humaine et je pense ne pas être au bout de mes surprises (rires).

Comment définirais tu ton style de musique ? Qu’est ce tu veux transmettre avec ta musique? J’aime faire ressortir des émotions lorsque je compose, j’essaye de faire en sorte que mes mélodies restent dans la tête, qu’elles touchent les gens, aussi bien l’artiste que le public. 

Sur quoi travailles tu en ce moment, si c’est pas trop indiscret …? Et quels sont tes futurs projets ? 

Bien j’ai eu la chance de rencontrer Jermaine Dupri récemment, je serais aux États Unis dans les mois qui viennent pour travailler sur les projets qu’il a en cours. Je suis actuellement au Brésil avec les Sages Poètes de la Rues qui préparent leur grand retour. On a tendance a beaucoup critiquer les acteurs et pionnier de la musique urbaine en France… Je suis honoré qu’ils m’aient chargé de réaliser leur album. J’ai également deux nouveaux projets de court métrage sur lequel je vais commencer à travailler en rentrant. Et enfin, j’ai entamé une belle collaboration avec David Attelan, qui est un compositeur de musique de film, il a notamment travaillé avec Olivier Nakache et Éric Toledano (Intouchables) sur leurs deux derniers long métrages.

Merci de m’avoir accordé cet interview, merci à toutes l’équipe de ” My Afro Week”.

Le plaisir était pour nous :)